Edito de Philippe Bernier : ACNI et certification professionnelle

Parmi les thématiques visées par l’ACNI signé par les partenaires sociaux, la certification professionnelle émerge comme un des sujets particulièrement importants.

La volonté des partenaires sociaux vise à simplifier et améliorer l’efficacité du système de certification au bénéfice des utilisateurs.

Contexte actuel : professionnaliser l’approche de la certification

Il convient toujours d’être prudent lorsqu’il y a désir de simplification, surtout quand le sujet est aussi « complexe », en apparence, que la certification professionnelle. En réalité, avant d penser simplification, il importe de vérifier s’il y a effectivement maitrise du sujet. 

Si l’on s’en réfère aux chiffres de rejet de demande de certification ou renouvellement de certification, les chiffres sont plutôt inquiétants. En effet, au titre du RNCP, plus de 50 % des demande de certification ou renouvellement de certification et 80 % pour le répertoire spécifique sont rejetés par France Compétences. Il y a un réel problème de méthodologie dans la présentation des demandes.

Force est de constater la méconnaissance de la méthode de présentation d’une certification à France compétences. Un gros travail reste à faire sur ce sujet.

il convient plus « simplement » de revenir sur trois points :

  • Clarifier les notions de « compétences », de « qualification » et de « certification » : constituant la base de la méconnaissance du système 
  • Elaborer un guide méthodologique pour les acteurs, en particulier pour les Commissions paritaires nationales de l’emploi (CPNE) mais aussi les OPCO dans leur mission d’accompagnement en la matière.
  • Développer les relais par les branches pro (CPNEFP)

Améliorer la lisibilité des répertoires et le cadre juridique d’enregistrement et renouvellement (notamment pour le Répertoire Spécifique) et donner une meilleure lisibilité de lecture des certifications et de ses repertoires 

Le cadre juridique de la certification est très accès à un cadre normatif de France compétences qui s’opère. Ce cadre actuel d’enregistrement des certifications ne permet pas la lisibilité des répertoires pour trouver des certifications par secteur d’activité ou métier en cohérence alors que les entreprises et les salariés ont besoin de certifications qui représentent de vrais repères avec les logiques GPEC des entreprises … 

Si les entreprises délivrent si peu de formations certifiantes, cela peut notamment s’expliquer par le fait qu’elles ne savent pas où les (re)trouver et difficile d’opérer une cartographie de celles-ci

D’où … :

  • Besoin du travail des branches de s’approprier du sujet  
  • Ouvrir la liste des certifications CPF aux entreprises comme le propose l’ACNI

Valeur d’usage d’une certification

Toutes les certifications ne sont pas totalement en phase avec les besoins économiques et sociaux des secteurs d’activité, il conviendrait notamment de se référer davantage aux observatoires prospectifs des métiers et des qualifications.

Par ailleurs il conviendrait de développer un argumentaire pour les entreprises expliquant les avantages de la certification. Ces derniers pourraient concernés notamment les sujets suivants : 

  • Reconnaissance d’un niveau
  • Homogénéité des pratiques 
  • Maitrise des fondamentaux d’un métier qui n’est pas nécessairement le sien
  • Co-engagement voire un co-investissement 
  • Certification en inter : ouverture sur une autre culture d’entreprise
  • Certification intra : construction spécifique à l’environnement de l’entreprise 
  • Marque employeur
  • Fidélisation 
  • Sécurisation du transfert de savoirs et/ou de compétences
  • Repérage des experts / validation des experts

Compétences transverses

Il conviendrait enfin de mieux distinguer le rôle des deux répertoires RNCP et RS

Enfin, il faut également poursuivre le travail visant à une plus grande clarté dans les correspondances et équivalences à l’intérieur des répertoires et entre les répertoires 

Philippe BERNIER & Émilie DEROO

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